Une guitare électrique possède généralement très peu de commandes : quelques micros, un sélecteur et deux ou trois potentiomètres.
Pourtant, avant même de toucher à ton ampli ou d’allumer une pédale, ces quelques réglages permettent déjà de modifier considérablement ton son.
Micros → Sélecteur → Volume → Tonalité
L’objectif n’est pas d’apprendre une liste de « bons réglages ». Il est beaucoup plus utile de comprendre ce que chaque commande change, puis d’apprendre à choisir avec tes oreilles.
Commence par une règle simple : ne change qu’une chose à la fois
Pour comprendre un réglage, il faut pouvoir entendre son effet. Si tu changes simultanément le micro sélectionné, le volume de la guitare, le gain de l’ampli et une pédale, il devient difficile de savoir ce qui produit réellement la différence.
Pour tous les essais de cette page, utilise donc une méthode très simple : garde le même ampli, le même son et la même phrase, puis ne modifie qu’un seul réglage.
Écoute. Remets le réglage dans sa position initiale. Puis recommence. C’est une excellente manière d’apprendre à connaître ton instrument.
1. Les micros — Transformer la vibration des cordes en signal électrique
Sur une guitare acoustique, tu entends directement la vibration des cordes et de la caisse.
Sur une guitare électrique, les micros captent la vibration des cordes et la transforment en signal électrique. Ce signal pourra ensuite être modifié par des effets et amplifié.
C’est donc ici que commence la partie électrique de ton son.
Selon les guitares, tu peux rencontrer différentes configurations : un ou plusieurs micros, des micros simples, des micros doubles ou humbuckers, et différentes combinaisons de micros.
Il existe de nombreuses familles et constructions de micros, avec des caractéristiques différentes. Mais avant d’entrer dans ces détails, il y a quelque chose de beaucoup plus important à apprendre : écouter les micros présents sur ta propre guitare.
2. Le sélecteur de micros — Plusieurs sons sous la main
Si ta guitare possède plusieurs micros, le sélecteur permet de choisir celui que tu utilises, ou parfois d’en combiner plusieurs.
Les deux positions les plus faciles à identifier sont généralement le micro manche, situé près du manche, et le micro chevalet, situé près du chevalet.
Pourquoi ne sonnent-ils pas pareil ? Parce qu’ils ne captent pas la corde au même endroit.
La vibration d’une corde n’est pas identique sur toute sa longueur. Le micro placé près du manche capte donc un signal différent de celui placé près du chevalet.
En pratique, le micro manche donne généralement un son plus rond et plus doux, tandis que le micro chevalet produit souvent davantage d’attaque et de brillance. Les positions intermédiaires apportent encore d’autres couleurs selon la configuration de la guitare.
Mais attention : ce sont des repères, pas des règles. Il n’existe pas une position obligatoire pour jouer un style particulier.
Essaie
Choisis une phrase courte. Garde exactement les mêmes réglages sur l’ampli. Joue la phrase avec le micro manche, puis avec une position intermédiaire si ta guitare en possède une, et enfin avec le micro chevalet.
Ne cherche pas encore à décider quelle position est la meilleure. Essaie plutôt de décrire ce que tu entends : plus rond ? plus brillant ? plus précis ? plus doux ? davantage d’attaque ?
Tu es en train de construire ton vocabulaire du son.
3. Micros simples et micros doubles
Toutes les guitares n’utilisent pas les mêmes types de micros.
Le micro simple
Le micro simple, ou single coil, est constitué d’une seule bobine.
On l’associe souvent à un son clair, précis et brillant. Il peut également être sensible aux parasites électriques et produire un léger bourdonnement, particulièrement avec beaucoup de saturation.
Le micro double
Le micro double, ou humbucker, utilise deux bobines.
Sa conception permet notamment de réduire une grande partie du bourdonnement que peuvent produire les micros simples. Il fournit souvent un signal plus puissant, avec un son que l’on décrit volontiers comme plus épais ou plus dense.
Mais là encore, évite d’en faire une règle absolue. Deux micros simples peuvent être très différents entre eux. Deux humbuckers également. Et le résultat dépend ensuite de toute la chaîne du son.
Le type de micro donne une indication. Tes oreilles donnent la réponse.
4. Le volume — Plus subtil qu’un simple bouton « plus fort / moins fort »
Le potentiomètre de volume contrôle le niveau du signal envoyé par ta guitare.
La première conséquence est évidente : tu le baisses, le niveau diminue.
Mais lorsque tu utilises un ampli ou une pédale avec du gain, quelque chose d’autre peut se produire. En diminuant le volume de la guitare, tu envoies également un signal moins important vers l’étage qui produit la saturation.
Le son peut alors devenir progressivement moins saturé et plus propre.
Tu peux donc parfois passer d’un son saturé → à un crunch → puis à un son plus clair sans changer de canal et sans éteindre ta pédale.
Le résultat dépend du matériel utilisé, mais c’est une possibilité très utile à connaître.
Essaie
Utilise un son légèrement ou franchement saturé. Mets le volume de ta guitare à 10 et joue quelques accords ou une phrase. Passe ensuite à 8, puis 6, puis 4.
Écoute deux choses séparément : le niveau sonore change-t-il ? et la quantité de saturation change-t-elle ?
Tu découvriras ainsi comment ton propre matériel réagit au volume de la guitare.
5. La tonalité — Enlever des aigus
Le potentiomètre marqué Tone est souvent mal compris.
Une manière simple de comprendre son fonctionnement consiste à partir de sa position maximale. À 10, le son est le plus ouvert.
Lorsque tu baisses le potentiomètre, le circuit atténue progressivement une partie des fréquences aiguës.
Autrement dit, le bouton de tonalité ne fonctionne pas comme l’égalisation complète d’un ampli. Il permet essentiellement de rendre le son progressivement moins brillant.
Tone ouvert → davantage d’aigus
Tone fermé → son plus sombre
Le changement peut être discret sur certaines guitares et beaucoup plus spectaculaire sur d’autres.
Essaie
Sélectionne un micro et ne le change plus. Joue la même phrase avec Tone 10, puis Tone 7, Tone 5, Tone 2 et enfin Tone 0.
Essaie d’identifier le moment où la différence devient vraiment évidente pour toi. Puis fais le chemin inverse.
Le but n’est pas de trouver immédiatement « ton » réglage. Le but est de savoir reconnaître ce que fait ce bouton.
6. Plusieurs boutons de volume ou de tonalité : pourquoi ?
Toutes les guitares ne présentent pas les mêmes commandes.
Une guitare peut avoir un volume et une tonalité pour l’ensemble des micros, plusieurs potentiomètres de tonalité, un volume indépendant pour chaque micro, ou d’autres configurations encore.
Sur certaines guitares, un potentiomètre peut également avoir une fonction supplémentaire lorsqu’on le tire ou qu’on appuie dessus.
Il n’est donc pas nécessaire de mémoriser un schéma universel. Commence par identifier ce que contrôlent réellement les boutons de ta guitare.
Pour le vérifier, tu peux sélectionner successivement chaque micro et modifier un potentiomètre à la fois. Si rien ne change dans certaines positions, c’est peut-être simplement que ce potentiomètre ne contrôle pas le micro actuellement sélectionné.
Fais connaissance avec ta guitare en 5 minutes
Pour terminer, voici une petite exploration que tu peux faire avec n’importe quelle guitare électrique. Régle ton ampli sur un son simple et ne le touche plus pendant tout l’exercice.
1 minute — Les micros
Joue toujours la même phrase et parcours toutes les positions du sélecteur.
1 minute — La tonalité
Choisis une position de micro et compare Tone 10, 7, 5, 2 et 0.
1 minute — Le volume
Compare Volume 10, 8, 6 et 4. Si tu utilises de la saturation, écoute également son évolution.
1 minute — Les combinaisons
Essaie maintenant quelques combinaisons : micro manche + tone ouvert ; micro manche + tone plus fermé ; micro chevalet + tone ouvert ; micro chevalet + tone plus fermé.
1 minute — Choisis avec tes oreilles
Joue librement et cherche simplement un réglage qui te plaît. Puis demande-toi : qu’est-ce qui me plaît dans ce son ?
Est-il brillant ? Rond ? Précis ? Doux ? Agressif ? Épais ? Être capable de décrire ce que tu cherches rendra les réglages suivants beaucoup plus faciles.
Quel réglage choisir ?
Mon son est trop brillant ou agressif
Essaie de réduire légèrement la tonalité. Tu peux également comparer avec un micro situé plus près du manche.
Mon son manque d’attaque ou de définition
Essaie d’ouvrir davantage la tonalité. Compare également avec le micro chevalet.
Mon son saturé est trop chargé
Avant de modifier tous les réglages de ton ampli, essaie simplement de réduire un peu le volume de la guitare. Selon ton matériel, le son pourra devenir moins saturé.
Je ne sais pas quelle position de micro utiliser
Essaie-les. Joue la même phrase avec chaque position et choisis celle qui fonctionne le mieux dans la situation musicale où tu te trouves.
C’est souvent plus utile que de chercher une règle du type « pour ce style, il faut utiliser ce micro ».
Une méthode plutôt qu’une recette
À ce stade, tu n’as besoin de retenir que quelques principes :
Le sélecteur choisit le ou les micros.
Le volume contrôle le niveau envoyé par la guitare et peut aussi influencer la saturation.
La tonalité permet principalement d’atténuer les aigus.
Mais le principe le plus important est encore plus simple : change un réglage → joue → écoute → compare.
Avec l’habitude, tu ne tourneras plus les boutons au hasard. Tu sauras progressivement quel paramètre essayer lorsque tu voudras modifier quelque chose dans ton son.
Et maintenant : l’ampli
Nous avons commencé par les mains. Puis nous avons regardé ce qui se passe directement sur la guitare.
La chaîne continue :
TES MAINS → TA GUITARE → LES EFFETS → L’AMPLI → LE SON
L’étape suivante consiste à comprendre ce que fait l’amplificateur : gain, volume, graves, médiums, aigus, présence…
Et surtout à répondre à une question beaucoup plus utile que « quel est le meilleur réglage ? » : comment régler un ampli quand on part de zéro ?
