Les cadences sont des progressions harmoniques qui donnent un sentiment de conclusion : conclusion d’un morceau, d’un mouvement ou d’une phrase musicale.

Pour les guitaristes, maîtriser les cadences est essentiel pour comprendre la structure des morceaux, improviser avec plus d’aisance et composer plus efficacement. En les identifiant et en comprenant leur fonction, on enrichit son jeu avec des tensions, des résolutions et des couleurs harmoniques plus fines.


V – I

La première cadence avec laquelle il faut se familiariser est V – I (dominante – tonique). Elle est très facile à reconnaître à l’oreille, car on l’entend constamment dans la musique occidentale.

On l’appelle aussi cadence parfaite.

Entraîne-toi à la jouer dans différentes tonalités :

  • en do majeur : G7 – C
  • en ré majeur : A7 – D
  • en mi majeur : B7 – E
  • etc.

IV – V – I

L’étape suivante consiste à se familiariser avec la cadence IV – V – I (sous-dominante – dominante – tonique). Là encore, tu l’as déjà entendue de très nombreuses fois, même sans forcément savoir la nommer.

Tu peux t’entraîner à la repérer dans les chansons populaires, puis à la jouer dans différentes tonalités :

  • en do majeur : F – G7 – C
  • en ré majeur : G – A7 – D
  • en mi majeur : A – B7 – E
  • etc.

II – V – I

Parlons maintenant du II – V – I, cadence favorite des jazzmen. Ici, la sous-dominante IV est remplacée par le deuxième degré. C’est une cadence fondamentale dans le jazz : entraîne-toi à la reconnaître dans les standards.

En do majeur : Dm7 – G7 – Cmaj7

Le II – V – I peut aussi être joué en mode mineur.

  • en do mineur : Dm7(b5) – G7 – Cm7
  • ici, le G7 est issu de l’harmonisation de la gamme mineure harmonique

VI – II – V – I

Une autre cadence récurrente dans le jazz est le VI – II – V – I, parfois appelée Anatole.

En do majeur : Am7 – Dm7 – G7 – Cmaj7

Dominantes secondaires

Une pratique courante consiste à transformer la nature d’un accord selon son rapport avec l’accord suivant. Plus précisément, si un accord peut être considéré comme le cinquième degré de l’accord qui suit, on peut le remplacer par un accord 7.

Par exemple, dans la cadence Am7 – Dm7 – G7 – Cmaj7, peut être entendu comme le cinquième degré de sol. On peut alors appliquer temporairement une relation V7 – I en sol, sans remettre en cause la tonalité générale, et jouer ainsi :

Am7 – D7 – G7 – Cmaj7

Le D7 est alors une dominante secondaire.

En suivant la même logique, on peut aussi jouer un A7 à la place de Am7.

👉 Ce type de substitution enrichit fortement la couleur harmonique d’une progression, tout en conservant sa logique globale.


I – I7 – IV – IVm – I

Cette progression, que l’on peut retenir ici sous le surnom de “Christophe”, est une cadence très expressive. Elle part de la tonique, ouvre la couleur avec un I7, passe par le IV, puis revient sur un IV mineur avant de résoudre sur le I.

Ce qui fait tout son charme, c’est justement le passage du IV majeur au IV mineur. On obtient une couleur plus nostalgique, plus tendre, parfois légèrement mélancolique, avant le retour à la tonique.

D’un point de vue harmonique, le IVm est souvent perçu comme un accord emprunté au mode mineur parallèle. C’est ce contraste entre majeur et mineur qui donne à cette cadence son caractère très fort.

Exemples :

  • en do majeur : C – C7 – F – Fm – C
  • en sol majeur : G – G7 – C – Cm – G
  • en ré majeur : D – D7 – G – Gm – D

👉 Travaille cette cadence dans plusieurs tonalités et prends le temps d’entendre la différence de couleur entre IV et IVm.
👉 C’est souvent ce petit glissement qui crée toute l’émotion.


IV – I

La cadence IV – I est appelée cadence plagale. Elle produit une conclusion plus douce et moins tendue que la cadence parfaite V – I.

On la retrouve très souvent dans les musiques liturgiques, dans certaines chansons, et dans des fins de phrases qui cherchent davantage l’apaisement que la tension-résolution très marquée du V – I.

C’est aussi la cadence que l’on associe souvent à l’effet “Amen”, précisément parce qu’elle donne une sensation de repos plus souple, plus calme, plus ouverte.

Exemples :

  • en do majeur : F – C
  • en sol majeur : C – G
  • en ré majeur : G – D

👉 Si la cadence V – I affirme fortement la tonalité, la cadence IV – I conclut de manière plus douce.
👉 C’est une excellente cadence à comparer à l’oreille avec la cadence parfaite.


À retenir

Les cadences sont des progressions d’accords qui donnent une impression de conclusion, de tension ou de résolution.

Quelques repères essentiels :

  • V – I : la cadence la plus fondamentale, très fréquente dans la musique tonale
  • IV – V – I : une extension très courante de la cadence parfaite
  • II – V – I : un repère incontournable dans le jazz
  • VI – II – V – I : une progression très utilisée pour enrichir le mouvement harmonique

Comprendre les cadences, c’est mieux entendre la logique des morceaux, mieux accompagner, mieux improviser et mieux composer.

👉 Plus tu reconnais ces enchaînements à l’oreille et sur ton instrument, plus tu comprends comment la musique “avance”.

1 Commentaire

  1. C’est super de travailler sur les cadences. Je comprends mieux les structures lorsque je joue sur les backing tracs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*